J’ai assisté, mardi 29 avril dernier, à Mouscron, petite ville belge à deux pas de la
frontière française, à une conférence donnée par Marcel Bolle de Bal intitulée « Un laïque à la Belge, franc-maçon, athée et spiritualiste ».
Avant tout, pour ceux qui ne connaîtraient pas Marcel Bolle de Bal, en voici une courte
biographie que j’emprunte au blog maçonnique :
« Né à Schaerbeek, le 29 juillet 1930, Marcel Bolle de Bal est docteur en droit
(Université Libre de Bruxelles), licencié en sciences économiques et financières (ULB), diplômé en Industrial Relations (Université de Chicago).
Professeur émérite de l'Université Libre de Bruxelles (sociologie et
psychosociologie), il a présidé le Collège scientifique de l'Institut de Sociologie (ULB) et la Faculté des Sciences Psychologiques et Pédagogiques.
Président d'honneur de l'Association Internationale des Sociologues de Langue
Française, il est également professeur visiteur aux Universités de Genève, Paris-Dauphine, Toulouse-le-Mirail et Fribourg (Suisse).
Marcel Bolle de Bal a rédigé 18 livres comme auteur unique, en a écrit 5 en
collaboration, en a édité 5 autres et à plus de 200 articles à son actif. Ses derniers livres ont porté sur des questions maçonniques et
philosophiques. »
Revenons-en à la Conférence de ce mardi. Après les présentations et politesses d’usage, nous entrons dans le vif du sujet.
MBdB se présente avant tout comme un « laïque à la Belge ». Cette expression recouvre une réalité propre à la Belgique où la Laïcité est à la fois philosophique et communautariste. Il se définit également comme un agnostique (= qui ne sait pas), ou mieux encore, comme un athée chrétien, « athée » au sens philosophique et
« chrétien » au sens sociologique.
Il tente de mettre en place, à l’opposé d’un Michel Onfray, un athéisme
constructeur. C’est d’ailleurs là l’objet de son livre récemment paru, « Au-delà de Dieu : Profession de foi d’un athée lucide et
serein ». Il ne cherche ni a réécrire une bible, ni a créer un texte sacré.
MBdB définit son athéisme en sept points, soulignant l’ambivalence (et non l’ambiguïté) de
certains propos :
1. Il est à la fois matérialiste et spiritualiste. S’il
reconnait objectivement le prima de la matière sur l’esprit, subjectivement, il affirme la primauté de l’esprit sur la matière
2. Il est à la fois rationaliste et spiritualiste.
3. Il est à la fois humaniste et transcendant.
4. Il est personnaliste, mettant au centre des préoccupations non pas l’individu mais bien la personne (=
l’individu relié aux autres).
5. Il est lucide et joyeux, car il faut jouir du présent sans nostalgie du passé et sans peur de
l’avenir.
6. Il est éthique.
7. Il est serein face à la fin supposée dernière.
Pour MBdB, l’athéisme est un stade avancé de l’évolution de l’Humanité, tant d’un point de
vue collectif (suppression de tensions interconfessionnelles) qu’individuel (acceptation de la finitude). Néanmoins, il doute que cela ne devienne un
jour un mouvement collectif porteur car, face à l’angoisse de la mort, la religiosité prend souvent le pas.
Pour terminer sa conférence, MBdB a dit quelques mots sur la Franc-Maçonnerie. Elle est pour lui une « Porte du Devenir » (c’est d’ailleurs le tire d’un de ses livres), un « laboratoire de Reliance » qui recrée des
liens détruits. Les trois degrés y préparent d’ailleurs le Maçon : l’Apprenti recrée les liens avec lui-même, le Compagnon, avec ses semblables,
le Maître, avec le Monde.
Au final, ce fut un grande et belle soirée.
J’avoue avoir fait, grâce à Marcel Bolle de Bal, quelques pas de plus sur mon chemin. L’athéisme tel qu’il le définit me convient, peut-être parce
qu’il propose un voie du milieu entre les éructations de Onfray et la gentillesse un peu fade de Comte-Sponville.
« Au-delà de Dieu : Profession de foi d’un athée lucide et serein » à la
Cale-Sèche
« La Franc-Maçonnerie, porte du devenir » à la
Cale-Sèche
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